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République de Roumanie

Roumanie

(România)

Capitale: Bucarest 
Population: 24,2 millions (2003)
Langue officielle: roumain
Groupe majoritaire: roumain (83,8 %)
Groupes minoritaires: tsigane (2,2 %), hongrois (4,6 %), ukrainien (1,2 %), allemand (0,2 %), russe (0,1 %), turc (0,1 %), serbe (0,1 %), tatar (0,1 %), slovaque (0,0 %), bulgare, yiddish, croate, tchèque, polonais, grec, arménien, etc.
Système politique: république parlementaire
Articles constitutionnels (langue): art. 6, 13, 32, 59, 127 et 148 de la Constitution de 1991; la Convention- cadre des langues minoritaires de 1995 (Conseil de l’Europe), la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires de 1992 (Conseil de l’Europe)
Lois linguistiques: la Déclaration sur les minorités nationales (4 décembre 1991); la loi no 69 du 26 novembre 1991 relative à l’administration publique locale; l'arrêté du gouvernement roumain no 136 du 6 avril 1993; l'arrêté no 136 du 6 avril 1993 instituant le Conseil pour les minorités nationales; la Loi sur l'éducation no 84/1995; la Loi sur l’éducation du 29 décembre 1995; la Loi des partis politiques (no 27/1996) du 26 avril 1996; la loi no 24 du 12 avril 1996 relative à l’administration publique locale; l'ordonnance no 36/1997 portant modification de la loi no 84/1995 sur l'éducation; la décision no 6 du 15 avril 1998.

1 Situation géographique

Cet ancien pays de l’Est qu’est la Roumanie (ou România) est limité au nord par l’Ukraine, à l’est par la Moldavie et la mer Noire, au sud par la Bulgarie et à l’ouest par la Serbie et la Hongrie.

Afin d’aider à comprendre la partie historique qui suit, on peut consulter une carte représentant les huit provinces historiques de la Roumanie: la Bucovine, la Moldavie, la Dobroudja, la Munténie, l’Olténie, la Transylvanie, le Banat et le Crisana - Maramures.

Aujourd’hui, il est plus pertinent de ne retenir que trois grandes divisions territoriales: la Moldavie (avec la Bucovine), la Valachie (avec l’Olténie et la Dobroudja) et la Transylvanie-Banat (avec le Crisana-Maramures). La Moldavie, la Munténie et la Transylvanie existent depuis le Moyen Âge, alors que l’Olténie, le Banat et la Bucovine sont issus des grands bouleversements qui ont eu lieu au XVIIIe siècle; le territoire de la Crisana-Maramures correspond actuellement à une délimitation administrative. Le territoire de la Roumanie est partagé présentement en 41 départements ou judet.
 

2 Données démolinguistiques

La population est multiethnique, même si les Roumains d’origine représentent 80 % des habitants et parlent le roumain, une langue romane.

2.1 Les Roumains

 C'est la même langue qui est parlée dans le pays voisin, la république de Moldavie, mais là elle est appelée moldave et non pas roumain. Aujourd'hui, toutes les langues roumaines (roumain, moldave, aroumain ou macédo-roumain, istrio-roumain, mégléno-roumain, transylvanien, etc.) sont parlées dans une aire linguistique (voir la carte spécifique et les explications à ce sujet) située plus ou moins autour de la Roumanie. Il faut retenir que le roumain a été très tôt influencé par les langues slaves et par la proximité des cultures byzantine et orthodoxe. Ainsi, le roumain revêt une apparence conservatrice par rapport au latin, mais avec des innovations et des originalités importantes. 

Cela dit, on distingue les variétés suivantes:

1) Le daco-roumain constitue la variété la plus importante parmi les langues roumaines. Il est localisé dans l'actuelle Roumanie, en Moldavie et dans les zones limitrophes de la Serbie, de la Bulgarie, de la Hongrie et de l'Ukraine. Le daco-roumain est généralement fragmenté en trois variétés dialectales: le moldave (à l'est et dans quelques enclaves en Ukraine), le valaque (base de la langue littéraire au sud) et le transylvanien (à l'ouest). Toutefois, d'autres découpages sont possibles où les dialectes empruntent leurs noms à diverses régions de la Roumanie: Maramures, Crişana, Banat, Monténie, Olténie. Les différences linguistiques sont peu importantes et tous les locuteurs se comprennent aisément. Un mot sur le transylvanien; parmi les quelque 7,7 millions de Transylvaniens, plus de 5,6 milions (72,7 %) parlent le transylvanien; ce dialecte est parlé quasiment par tous les roumanophones transylvaniens, même par les enfants qui n'apprennent le roumain littéraire qu'à l'école. Il n'y a que les gens d'origine moldave ou valaque qui ne parlent pas le dialecte transylvanien.

2) Le macédo-roumain est aussi appelé aroumain. Ses locuteurs sont, selon leur appellation, des Aroumains, des Valaques (Vlachs), des Koutzovalaques, des Tchobans ou des Zinzares. Au nombre d'environ 250 000, les locuteurs de l'aroumain sont dispersés en Grèce, en Macédoine, en Bulgarie, en Albanie, etc.

3) L'istrio-roumain, en voie de disparition, est pratiqué par environ 1500 locuteurs dans la région de Učka Gora (Slovénie).

4) Quant au mégléno-roumain, il est parlé par une communauté musulmane d'environ 15 000 locuteurs localisés au nord-est de Salonique (Grèce) et au sud de la Bulgarie.

3 Données historiques

La Roumanie, comme la Moldavie, tire son origine de l'ancienne Dacie habitée par les Daces ou Gètes, un peuple indo-européen apparenté aux Thraces. La Dacie ne correspondait pas tout à fait à la Roumanie actuelle: elle englobait l’Olténie, la Transylvanie (voir la carte) et à une partie de la Hongrie, et s’étendait des Carpates au nord jusqu'au Danube au sud, et du Dniestr à l'est jusqu'à la Tisza à l'ouest. Le royaume de Dacie est attesté dès le IIe siècle avant notre ère. La région fut soumise par l’empereur Trajan après deux campagnes appelée guerres daciques (101-102 et 105-107) et fut érigée en province romaine. Même si la domination romaine ne dura qu’un siècle et demi — les Goths chassèrent les Romains en 256, qui abandonnèrent totalement la province en 275 —, son implantation eut néanmoins des conséquences linguistiques permanentes. En effet, les habitants de cette province de Dacie se romanisèrent et se christianisèrent. Devenus chrétiens et romains, ils parlèrent le latin. La thèse la plus vraisemblable laisse croire qu'on devrait le roumain aux colons romanisés qui auraient trouvé refuge dans les Carpates du Sud, pour revenir ensuite dans la plaine danubienne.

3.1 La formation de la langue roumaine

Pendant près de mille ans, la Dacie romanisée fut envahie par les vagues successives des Goths (III-IVes siècles), des Gépides (IV-Ves siècles), des Huns (IV-Ves siècles), des Avars (VI-VIIes siècles), des Slaves ou encore des Bulgares (VII-IXes siècles). La dernière des grandes invasions fut celle des Mongols (1241). La population dace se réfugia dans les montagnes des Carpates ainsi qu’en Transylvanie, où elle conserva ses traditions et la langue néo-latine, enrichie cependant d'un important apport lexical d’origine slave, surtout entre les VIIe et Xe siècles. Ces Daces contribuèrent à la formation de quelques variétés néo-latines dont le daco-roumain, l'istro-roumain, le mégléno-roumain et le valaque (ou aroumain). Plus précisément, le roumain est surtout basé sur le daco-roumain parlé dans la région historique de la Valachie, mais cette langue s’est également implantée en Moldavie et jusqu’en Transylvanie. C'est à cette époque que le roumain (issue du daco-roumain) commença à acquérir sa forme actuelle. Au XIe siècle, la religion chrétienne orthodoxe fut introduite par les Bulgares. La plus grande partie des habitants se convertirent et adoptèrent la religion orthodoxe.

Entre le Xe siècle et le XIIIe siècle, des principautés telles que la Valachie et la Moldavie se constituèrent avec comme religion le christianisme orthodoxe et comme langue le daco-roumain; l’église orthodoxe introduisit le slavon écrit en alphabet cyrillique comme langue liturgique, tout en essayant avec un succès très relatif de l’implanter dans la population comme langue maternelle. Durant tout le Moyen Âge, la langue officielle adoptée par les principautés roumaines était le slavon, mais la population continuait de parler le daco-roumain qui deviendra plus tard le roumain officiel. 

En 1003, les Hongrois conquirent la Transylvanie, qui devint une principauté autonome, et firent refluer les populations locales vers les plaines danubiennes, soit vers la Valachie au sud-est (qui comprenant l’Olténie et la Munténie) et vers la Moldavie au nord-ouest. Dès le XIVe siècle, les trois grandes provinces de la Roumanie contemporaine — Moldavie, Valachie et Transylvanie — prirent leur visage historique. La Moldavie et la Valachie connurent à cette époque un exceptionnel développement culturel et économique. Puis les deux provinces furent conquises par les Ottomans et les habitants vécurent sous leur joug jusqu'à la fin du XVIIe siècle. À la fin du XVIe siècle, Michel le Brave de Valachie (1563-1601) parvint à chasser les Turcs (1594-1597), fit la conquête de la Transylvanie en 1599 et annexa la Moldavie en 1600. Après la mort de Michel le Brave, assassiné en 1601, les Ottomans rétablirent progressivement leur autorité en Moldavie et en Valachie, tandis que les Autrichiens s’emparèrent de la Transylvanie annexée à l’Empire. Sous la férule des Ottomans, la Moldavie et la Valachie furent gouvernées, entre 1711 et 1821, par les Grecs phanariotes — du mot Phanar, un quartier de Constantinople où résidait le patriarche orthodoxe entouré de Grecs fortunés —, ce qui eut pour effet de permettre la pénétration de la culture occidentale, surtout française.

3.2 Les mouvements nationalistes

Par la suite, le slavon fut graduellement abandonné au profit du roumain qui s'écrivait à ce moment-là avec l’alphabet cyrillique. Les Autrichiens et les Russes conquirent la Bucovine (1775) et la partie est de la Moldavie appelée la Bessarabie (1845) — aujourd'hui la république de Moldavie — aux dépens des Ottomans. La Moldavie et la Valachie obtinrent alors d'être gouvernées par des princes roumains. En 1848, un mouvement autonomiste éclata dans les deux provinces, ce qui entraîna la répression tant des Russes que des Turcs. Les deux principautés (Moldavie et Valachie) passèrent sous la domination des Russes jusqu’en 1851, puis des Autrichiens (1854-1857). 

Suite à l'intervention de Napoléon III lors du traité de Paris de 1858, la Moldavie et la Valachie obtinrent la reconnaissance de leur union en un état unique: la Roumanie. Le nouvel état fut officiellement reconnu comme indépendant en 1861 par les puissances européennes et les Ottomans.

3.3 La Roumanie moderne

À partir ce cette époque, les dirigeants roumains, dans un esprit de nationalisme préoccupé par un retour aux sources latines, remplacèrent l'alphabet cyrillique du roumain écrit par l’alphabet latin. Se développa aussi une vague de francophilie, tandis que la langue roumaine s’enrichit en empruntant au français. Le congrès de Berlin de 1878 confirma l’indépendance totale de la Roumanie, qui devint un royaume en 1881. Après être entrée en guerre contre la Bulgarie, la Roumanie reçut le nord de la Dobroudja en guise de compensation, mais le sud de la Dobroudja fut annexé par la Bulgarie lors du traité de Bucarest (7 mai 1918).

Après la Première Guerre mondiale, la disparition de l’Empire austro-hongrois et la victoire des Alliés, les traités de Saint-Germain-en-Laye (10 septembre 1919) et de Trianon (4 juin 1920) permirent à la Roumanie de réunir la Transylvanie, le Banat, la Bucovine et la Bessarabie. Le pays vit plus que doubler sa superficie et sa population, avec 295 000 km² et 16,3 millions d’habitants contre 138 000 km² et 7,5 millions d’habitants en 1914. Mais cela s’est payé par la mort de 800 000 Roumains. 

De plus, l’élargissement de la Roumanie ne se fit pas sans heurt, car les Hongrois de l'Empire austro-hongrois étaient nombreux à vivre en Transylvanie et dans le Banat. Le pays se trouva confronté avec des problèmes de minorités — 24,6 % de la population totale — qui allèrent en s’accentuant avec la politique centralisatrice de Bucarest. Le pays comptait alors 1,4 million de Hongrois, 748 000 Allemands, 728 000 Juifs, 582 000 Ukrainiens, 409 000 Russes, 366 000 Bulgares, 262 000 Tsiganes, etc. La Roumanie devint ensuite un état centralisé et une démocratie parlementaire qui développa de bons rapports avec la France; dans le but de sauvegarder ses acquis territoriaux, elle signa des accords avec ses voisins dont la Pologne, la Tchécoslovaquie, la Yougoslavie, la Grèce et la Turquie.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, la Roumanie dut céder en août 1940 le nord-est de la Transylvanie à la Hongrie, puis en septembre la Dobroudja à la Bulgarie. Ces amputations territoriales suscitèrent la colère des Roumains et entraînèrent des émeutes populaires ainsi que l’abdication du roi de Roumanie, tandis que la Bessarabie (Moldavie) et la Bucovine étaient occupées par les forces armées soviétiques. En 1941, la Roumanie occupa la Moldavie, la Bucovine et la Transnistrie (Bessarabie élargie), mais les perdit de nouveau en 1945. Après la guerre, la Roumanie fut soumise à l’influence soviétique et évolua vers la démocratie populaire. En 1947, la Roumanie dut renoncer à ses droits sur la Bessarabie et la Bucovine du Nord, au profit de l’URSS, ainsi que sur la Dobroudja méridionale, au profit de la Bulgarie. La Roumanie récupéra cependant le nord de la Transylvanie.

3.4 La Roumanie communiste

En 1948, les communistes prirent le pouvoir et proclamèrent la République populaire de Roumanie. Jusqu’en 1962, la Roumanie aligna ses politiques sur celles de l’URSS. Lorsque Nicolae Ceausescu devint président de la République en 1974, la Roumanie commença à se démarquer de l’Union soviétique. Ceausescu établit un régime dictatorial et fit respecter avec rigueur l'orthodoxie communiste sur le plan intérieur: la Roumanie demeura l'un des pays les plus retardés et les plus répressifs du bloc de l'Est. 

Sous le règne de Nicolae Ceausescu, la Roumanie pratiqua une politique linguistique ultra-nationaliste et anti-hongroise. C’est ainsi que les centres culturels, les théâtres, l'université et les écoles de langue hongroise furent progressivement fermés, les échanges culturels avec la Hongrie radicalement réduits, et l'emploi des noms hongrois des villages roumains habités par les minorités fut même interdit en avril 1988.

En décembre 1989, Ceausescu fut renversé par une violente insurrection. Il quitta Bucarest, mais fut capturé et exécuté (avec son épouse), le jour de Noël de 1989, après une parodie de procès. Au moment du changement de régime en 1989, le principal parti politique d’alors, le Front du salut national, condamnait la politique des minorités du précédent régime, et déclarait solennellement qu’il réaliserait et garantirait les droits nationaux individuels et collectifs. Depuis son adhésion au Conseil de l’Europe, le 7 octobre 1993, la Roumanie essaie de parvenir à une véritable démocratie et a signé plusieurs traités internationaux dont la Déclaration universelle des droits de l'Homme (de 1966), la Convention des Nations unies sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale (de 1965), la Convention des Nations unies sur la suppression et la punition du crime d'apartheid (de 1973), la Convention de l'Unesco contre la discrimination dans l'éducation (de 1960) et la Convention-cadre des langues minoritaires de 1995.

3.5 Les médias

En Roumanie, la liberté d’expression et le droit à l'information sont garantis par la Constitution pour tous les citoyens, sans distinction d'origine ethnique. Les articles 30 et 31 de la Constitution, corroborés avec le principe de la non-discrimination, constituent la base juridique pour garantir aux membres des minorités nationales la liberté d'expression et le droit à l'information:

Article 30

1) La liberté d'expression des pensées, des opinions ou des croyances et la liberté des créations de tout type, par voie orale, par écrit, par images, par sons, ou par d'autres moyens de communication en public, sont inviolables.

2) La censure de tout type est interdite.

3) La liberté de la presse implique aussi la liberté d'éditer des publications.

4) Aucune publication ne peut être supprimée. [...]

Article 31

1) Le droit de la personne à avoir accès à toute information d'intérêt public ne peut pas être limité.

2) Les autorités publiques, conformément aux compétences qui leurs incombent, sont tenues à assurer l'information correcte des citoyens au sujet des affaires publiques et des affaires d'intérêt personnel.

En vertu de ces dispositions constitutionnelles très générales, les membres des minorité nationales ont le droit d’être informées dans leur langue. Selon des sources gouvernementales, le nombre total des périodiques édités dans l’une ou l’autre des langues minoritaires est de 130 titres. On compte un certain nombre de revues culturelles diffusées dans la langue maternelle des personnes appartenant aux minorités nationales:16 en langue hongroise, deux en allemand, une en ukrainien, une yiddish, etc. Soulignons aussi que les quelque 21 000 Valaques de Roumanie sont considérés par le gouvernement roumain comme une «communauté culturelle» plutôt que comme une minorité nationale. étant donné la grande parenté linguistique entre l’aroumain et le roumain, les Valaques ne bénéficient pas de droits linguistiques particuliers, sauf un magazine mensuel, Desteptarea Aromânilor, publié par le ministère des Affaires cultuelles dont le contenu est à 25 % en aroumain, ainsi que quelques émissions de radio et de très rares émissions de télévision.

Pour ce qui est des médias électroniques, la Société roumaine de radiodiffusion produit et diffuse des émissions dans la langue maternelle des personnes appartenant aux minorités nationales, tant dans les studios centraux que dans les studios locaux. C’est ainsi que la rédaction des émissions pour les personnes appartenant aux minorités nationales transmet, par exemple, 25 heures et 20 minutes chaque semaine en hongrois et 24 heures et 40 minutes en allemand. Il existe aussi des émissions de radio qui s’adressent également à des personnes appartenant à d’autres minorités. Les studios de Cluj-Napoca, Targu Mures, Timisoara et Constanta transmettent des émissions dans la langue maternelle des personnes appartenant à quelque 10 minorités nationales. Ainsi, on émet sur une base hebdomadaire 71 heures en hongrois (magyar), 14 en allemand, 7 en serbe, 30 minutes pour chacune des langues slovaque, thèque, bulgare, grecque, turque, tatare et russe. À l’intention des Tsiganes, la Société nationale de radiodiffusion émet, pour sa part, à Targu Mures, une émission hebdomadaire de 60 minutes et à Craiova une émission hebdomadaire de 15 minutes. Les organisations des personnes appartenant aux minorités nationales qui ont des représentants au Parlement disposent également de temps d’émission distinct mis à leur disposition conformément à la loi, gratuitement et sans aucune ingérence de l’extérieur.

En ce qui a trait à la télévision dans les langues des minorité, on compte surtout des émissions en hongrois (180 minutes par semaine) et en allemand (115 minutes par semaine). Les membres appartenant à d’autres minorités nationales sont visés par le cycle d’émissions telles que Convietuiri et La vie des Tsiganes/Roms.

Enfin, en ce qui concerne la vie économique en général, la situation apparaît relativement simple. Comme on peut le prévoir, c’est l’unilinguisme roumain dans tout le pays. Pourtant, selon une vieille loi de 1945 (jamais abrogée) concernant l'affichage, l'usage d'une langue minoritaire est obligatoire lorsqu'une nationalité ou une minorité atteint la proportion de 30 % de la population d'une commune ou d'un département. Dans les faits, la loi n'a à peu près jamais été appliquée et l'unilinguisme roumain s'impose partout. Malgré la loi (théoriquement encore en vigueur), il n'y a presque pas d'affiche en hongrois, même dans la région de la Transylvanie.

Durant de nombreuses années, la minorité hongroise a même subi une campagne anti-hongroise systématique de la part des autorités roumaines et la situation ne s’est pas beaucoup améliorée depuis l’effondrement du régime communiste. En effet, les journaux dénoncent régulièrement encore aujourd’hui des actes de vandalisme de la part des Roumains sur les rares affiches bilingues (roumain-hongrois); il semble même que ces actes se multiplient au point de susciter des émeutes. Certains directeurs d’écoles interdisent aux professeurs d’enseigner la géographie et l’histoire en hongrois, même si la Loi scolaire de 1995 le permet. Enfin, certains hauts fonctionnaires considèrent que les communautés autres que roumaines ne sont pas vraiment des Roumains, c’est-à-dire des citoyens roumains, parce qu'elles seraient arrivées sur le territoire après les Roumains. Comme on le constate, la Constitution et la loi n’offrent pas nécessairement une protection assurée en matière de droits linguistiques.

     

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