Aborder la question du divorce n'est jamais agréable, car il pose son empreinte sur la vie d'autant d'hommes, femmes et enfants qui souffrent à cause de la cassure de leur unité familiale.
Depuis toujours, l’Église orthodoxe a soutenu l'unicité du mariage chrétien ainsi que la permanence du lien matrimonial entre les conjoints. Cette unité et cette permanence sont mises en comparaison, par saint Paul, à l'union durable qui existe entre le Christ et Son Église.
Il est évident qu'un divorce tue le mariage. Cependant, puisque le Christ même admet une exception à la répudiation «en cas d'union illégale», donc au divorce, l'Église accepte aussi l'adultère comme la principale raison du divorce: «Si quelqu'un répudie sa femme sauf en cas d'union illégale et en épouse une autre, il est adultère» (Mt., 19,9).
Dans le même esprit, les canons 9, 18, 35, 77 de Saint-Basile-le-Grand, 48 apostolique, 87 et 93 Trullo, 23 Ancira, 102 Carthage, traitent la question du divorce. S'appuyant sur les textes de Mt. 5,32; Mt. 19,3-9; Mc. 10, 11-13, saint Basile dit que autant l'homme que la femme peut demander le divorce pour cause d'adultère. Alors que dans la vie sociale romaine de l'époque, le mari avait plus de droits que la femme, l'enseignement canonique de l'Église reconnaît l'égalité des droits entre les conjoints.
Au long de l'histoire, plusieurs d'autres raisons de divorce[1] ont été acceptées par l’Église orthodoxe:
* ceux qui produisent la mort religieuse, comme l'hérésie, l'apostasie;
* ceux qui produisent la mort morale, comme le crime, l'aliénation incurable, l'avortement, l'attentat à la vie du conjoint, le refus de la vie conjugale;
* ceux qui produisent la mort civile, comme l'annulation d'un mariage par décision judiciaire, l'entrée en monachisme, la vocation d'être choisi évêque.
Pour ces raisons de divorce, jusque 1865, en Roumanie, ces jugements étaient faits par les tribunaux ecclésiastiques de l’Église orthodoxe. Depuis cette date, les jugements des cas de divorce reviennent aux instances civiles.
Le divorce civil produit seulement des effets juridiques. Il ne produit pas d'effets de grâce ou sacramentels. En d'autres mots, un mariage défait par un divorce civil reste valable de point de vue sacramentel. Pour qu'un mariage soit défait complètement, il faut passer par un divorce religieux ou ecclésiastique.
En pratique, pour obtenir un divorce religieux, il faut s'adresser par écrit à l'évêque, après que le divorce au civil est prononcé.
Seul, l'évêque est en mesure de déclarer un divorce religieux. «Il peut accorder des dispenses ecclésiastiques du mariage religieux et il peut défaire les mariages sacramentels après la prononciation du divorce civil par le tribunal civil» (Article 90 du Statut de l’Église orthodoxe roumaine).
La prononciation du divorce religieux a le but de séparer les deux ex-époux, d’un point de vue de la grâce. Il n'est pas un acte sacramentel dans le cadre d'un office liturgique qui retire la bénédiction du mariage. L'évêque, lors de la prononciation du divorce religieux, signe un « livret de séparation » dans lequel il déclare que le mariage est défait. Le divorce religieux n'annule pas les liens de parenté qui ont été créés par le mariage des ex-conjoints divorcés. En conséquence, dans le cas où un des deux divorcés voudrait se remarier avec une sœur, un frère, une mère, un père de son ex-conjoint, il ne peut pas parce qu'il y a un empêchement.
Le divorce religieux n'est pas un simple acte de chancellerie, car suite à son approbation par l'évêque, le mariage est défait et implicitement, les personnes concernées peuvent se remarier, sauf en cas de vetitum.
Le divorce religieux produit aussi des effets en ce qui concerne le droit des ex-conjoints de se remarier avec d’autres personnes, le droit de se remarier entre elles, ainsi que la continuation des liens de parenté qui découlent entre les familles des conjoints par le sacrement du mariage.
Quant au droit du remariage des divorces, dans la pratique actuelle de l’Église orthodoxe, le divorce religieux ne prévoit plus des restrictions, alors que dans la pratique ancienne, il produisait les restrictions suivantes:
* le remariage du conjoint coupable était interdit jusqu’à la mort du conjoint innocent
* le remariage du conjoint coupable avec la personne qui a provoqué le divorce était interdit.[2]
En pratique, le divorce religieux est rarement demandé. Dès lors, dans le cas d'un remariage de deux ex-conjoints qui ont été mariés (ensemble), le sacrément du remariage n'est pas administré en vertu de leur premier mariage sacramentel. Ils retrouvent, après une réconciliation et une communion eucharistique, l'état de grâce initial, du jour de leur première noce.
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[1] « Le Concile local de l’Église Orthodoxe russe, en 1918, énumérait dans son «Décret sur les motifs de dissolution de l’union conjugale bénie par l’Église»: l’adultère et le remariage de l’un des époux, l’abandon de l’Orthodoxie par l’époux ou l’épouse, les vices contre nature, l’incapacité à la cohabitation conjugale, manifeste dès avant le mariage ou résultat d’une mutilation volontaire, la lèpre et la syphilis, l’absence prolongée sans nouvelles, la condamnation associée à la privation de tous les droits, l’attentat à la vie ou la santé du conjoint ou des enfants, le proxénétisme, l’escroquerie des biens du conjoint, les maladies psychiatriques incurables et l’abandon volontaire de l’un des époux par l’autre. A cette liste de motifs de dissolution du mariage, on doit ajouter pour notre époque le SIDA, l’alcoolisme chronique médicalement constaté, la toxicomanie, l’avortement effectué par la femme en cas de désaccord du mari » Source: -http://orthodoxeurope.org/love/3/6.aspx
[2] Au VIe siècle, le conjoint coupable pouvait se remarier, mais seulement cinq ans après son divorce

















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