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 Tout sur l'imprimerie

 

 

 

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Introduction
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La préparation
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Mise en forme des textes
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Mise en forme des illustrations
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Mise en place des textes et des illustrations
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Reproduction des illustrations en couleurs
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Procédures informatisées en imprimerie
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Opérations pratiquées sur les textes
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Opérations pratiquées sur les illustrations
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L'impression en imprimerie
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Impression typographique
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Formes imprimantes légères
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Formes imprimantes
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La finition
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Formes imprimantes
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La démarcation entre les zones imprimantes et les zones non imprimantes des formes repose, en offset comme en lithographie, sur l'absence ou sur la présence d'eau, l'absence d'eau déterminant les zones appelées à accepter l'encre, la présence d'eau les zones appelées à rester vierges. Comme pour la lithographie, elle met en jeu un phénomène de nature physico-chimique, le mouillage d'un solide par un liquide, qui a été exploité bien avant d'avoir reçu une explication scientifique satisfaisante. On sait maintenant qu'il est conditionné par les attractions interatomiques assurant la cohésion interne des solides et des liquides. On constate - toutes autres choses demeurant égales - que le mouillage d'un solide par un liquide est d'autant plus efficace que les attractions interatomiques sont fortes dans le solide et faibles dans le liquide :

- Les encres offset, où des dérivés huileux occupent une grande place, ont des attractions interatomiques intrinsèquement faibles. C'est pourquoi elles mouillent facilement les solides. Elles se fixent sans problème dans les zones imprimantes des formes et se fixeraient tout aussi bien dans les zones non imprimantes si leur progression naturelle n'était arrêtée dans ces régions par la présence d'eau.

- L'eau, liquide dont les molécules sont faites d'un gros atome d'oxygène lié à deux petits atomes d'hydrogène, a des attractions interatomiques anormalement élevées. C'est pourquoi elle ne mouille pas du tout les zones encrées des formes et ne mouille pas facilement les zones imprimantes desdites formes, qui doivent recevoir un traitement superficiel particulier pour l'accepter d'une manière convenable.

La préparation des formes imprimantes offset - traditionnellement appelées plaques malgré une épaisseur ne dépassant pas quelques dixièmes de millimètre - se ramène à traiter la surface d'un matériau convenable - généralement une mince feuille d'aluminium - en vue de faire naître d'une part une image facilement encrable des textes et des illustrations, d'autre part d'accroître l'étalement et la rétention de l'eau partout ailleurs. L'image facilement encrable est créée par les méthodes de la photogravure, c'est-à-dire en faisant agir la lumière - à travers un film transparent portant les textes et les illustrations - sur une substance photosensible recouvrant le métal, puis en éliminant les portions restées ou devenues solubles. L'amélioration de l'étalement et de la rétention du liquide aqueux est obtenue par un grainage superficiel de l'aluminium, suivi d'une anodisation ayant pour effet de susciter l'apparition d'une couche moléculaire d'hydroxyde poreux et hydrophile.


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Machines à feuilles
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Les presses offset dérivent des presses lithographiques comme les plaques offset dérivent des pierres lithographiques. Apparues à une date relativement récente - le début du XXe siècle -, elles n'ont été de véritables machines qu'au moment où les progrès de la construction mécanique ont amené l'élaboration de presses en métal respectant le principe plan contre cylindre inventé par Koenig pour le vieux procédé en relief. La substitution de minces feuilles de zinc aux pierres ayant permis de créer des formes imprimantes suffisamment souples pour être enroulées autour d'un cylindre, quelques années plus tard sont apparues des rotatives à deux cylindres, l'un recevant la forme imprimante, l'autre assurant la pression. Plus rapides que les presses plates, ces rotatives n'ont pas surmonté davantage qu'elles le défaut intrinsèque du procédé lithographique, à savoir l'usure rapide des formes imprimantes sans relief ni creux au contact du papier. Ce défaut a été éliminé - et la lithographie est devenue l'offset - quand un esprit ingénieux a eu l'idée d'intercaler un troisième cylindre garni de caoutchouc entre les deux autres. Dans cette configuration à trois cylindres, le cylindre porte-plaque - alimenté en encre et en eau par des dispositifs adéquats - transmet l'impression au cylindre intermédiaire, revêtu d'un blanchet en caoutchouc, qui la transfère au papier, lequel s'appuie sur un cylindre de contrepression nu. Peu après ont été construites des presses à quatre cylindres, faites de deux presses à trois cylindres privées de leurs cylindres de contrepression et ayant leurs cylindres porte-blanchets suffisamment rapprochés pour que le papier passe entre eux en pression (fig. 12). Ces machines sont appelées pour ce motif blanchet contre blanchet. Pour des raisons historiques, la conception à trois cylindres est généralement adoptée par les machines à feuilles, la conception à quatre cylindres par les rotatives à bobines. Dans le premier cas, le papier est imprimé sur un seul côté ; dans le second cas, sur les deux.

Les machines à feuilles n'ont longtemps servi qu'à exécuter des travaux qu'elles seules pouvaient accomplir, à savoir l'impression en trame fine de sujets à tons continus, souvent en couleurs, sur des papiers relativement rugueux autres que les papiers couchés, alors rares et chers. Elles devaient cette faculté au report de l'impression sur le cylindre intermédiaire revêtu d'un blanchet en caoutchouc. L'accroissement rapide de la quantité d'illustrations polychromes, dû à la prolifération des films positifs du type Ektachrome, a suscité la construction - après 1950 - de machines imprimant deux couleurs en un seul passage (quatre couleurs en deux passages), puis quatre couleurs en un seul passage, parfois aussi cinq et six, dans tous les formats (fig. 13), du plus petit (30 cm Z 40 cm) au plus grand (120 cm Z 160 cm). Les perfectionnements incessants apportés au cours des années ont accru la productivité au point de rendre banale la reproduction des couleurs. La vitesse pratique a été portée aux environs de dix mille feuilles à l'heure, et les temps de calage - les délais requis par l'accrochage des plaques sur les cylindres, par la mise en repérage des impressions successives et par le réglage des encrages - ont été réduits de façon substantielle.

Des machines à feuilles du type blanchet contre blanchet, imprimant une couleur de chaque côté du papier, ont été construites quand l'offset a pris son essor au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, et ne s'est plus limité aux travaux que la typographie accomplissait dans de moins bonnes conditions que lui, mais s'est emparé des reproductions des textes et des illustrations au trait qui constituaient l'apanage exclusif du vieux procédé en relief. Ces machines, généralement grandes, n'ont jamais été nombreuses parce qu'elles ont eu très vite à supporter la concurrence des rotatives à bobines, elles aussi du type blanchet contre blanchet.

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Rotatives à bobines
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Le choix entre une machine à feuilles et une rotative à bobines pour exécuter un travail déterminé est un sujet de discussion chez les professionnels. Il dépend de nombreux facteurs, parmi lesquels l'ampleur des tirages joue un rôle prépondérant, les tirages courts étant en principe réservés aux machines à feuilles, les tirages longs aux rotatives à bobines. Le point d'inflexion varie selon la nature des travaux et selon les caractéristiques des matériels. Il a tendance à s'abaisser depuis que les progrès réalisés dans la conception des presses et dans le contrôle de leur fonctionnement ont diminué la gâche au démarrage, qui est le handicap majeur des rotatives à bobines. Une seconde raison est que la plupart des professionnels ont abandonné le préjugé, longtemps dominant, qui veut que la qualité d'impression soit meilleure sur les machines à feuilles que sur les rotatives à bobines.

Les rotatives à bobines sont du type blanchet contre blanchet (fig. 14). Elles possèdent autant de groupes imprimants qu'elles impriment de couleurs recto verso en un seul passage. Elles fonctionnent toutes selon le même principe. La feuille issue du dérouleur passe dans un dispositif électromécanique qui maintient sa tension à une valeur déterminée, s'engage dans les groupes imprimants successifs rangés en ligne, traverse le cas échéant un tunnel de séchage et s'enroule autour de cylindres refroidisseurs avant d'entrer dans la plieuse (ou dans le système de découpe en feuilles, ou dans le système de rembobinage). Elles sont généralement réparties en deux catégories selon qu'elles possèdent un tunnel de séchage ou en sont dépourvues :

- Les rotatives possédant un tunnel de séchage ont généralement quatre ou cinq groupes. Elles impriment des papiers de belle qualité (souvent des papiers couchés) relativement fermés. La plupart ont des formats standardisés. Elles produisent le plus souvent seize ou trente-deux pages au tour, parfois seulement huit. Elles sont très employées dans l'impression des périodiques de qualité.

- Les rotatives dépourvues de tunnel de séchage comprennent le plus souvent soit un seul groupe, soit quatre groupes. Elles impriment des papiers ordinaires (du type journal amélioré) relativement ouverts. Elles sont moins standardisées que les machines équipées de sécheurs et exécutent toutes sortes de travaux en noir et blanc, comme les livres de poche et les annuaires téléphoniques, ou en couleurs, comme beaucoup de périodiques bon marché.

Qu'elles comportent ou non un sécheur, les rotatives à bobines sont équipées de dispositifs optiques et électroniques qui contrôlent le positionnement transversal de la bande et son élongation longitudinale, en vue de sauvegarder le repérage des couleurs et de maintenir la constance du pli, ou de la découpe en feuilles et du rembobinage ; elles sont rapides. Celles qui sont à simple développement ont une vitesse mécanique maximale de trente-cinq mille tours par heure, correspondant à un déplacement linéaire de 6 mètres à la seconde. Leur production pratique atteint généralement les deux tiers de cette valeur. Les rotatives à double développement dépassent rarement vingt-cinq tours par heure sous peine de compromettre la précision du pli.

Impression par héliogravure

Le mot héliogravure, qui signifie gravure par le soleil, a été forgé dès 1855 par Niepce de Saint-Victor, cousin de Nicéphore Niepce. Contrairement à l'offset, l'héliogravure ne dérive pas d'un procédé manuel ancien, mais est sortie tout armée du cerveau de ses inventeurs, qui l'ont placée dès l'origine dans le sein des procédures photomécaniques. Deux équipes travaillant indépendamment l'une de l'autre en Angleterre et en Allemagne l'ont créée de toutes pièces à la fin du XIXe siècle et au début du XXe, en associant dans un ensemble cohérent trois acquisitions antérieures : la rotative à racle, le papier-charbon et la trame quadrillée. Elles ont, du même coup, engagé le procédé dans les deux voies qu'il a toujours suivies, à savoir l'impression d'images de haute qualité artistique produites en petites quantités (équipe anglaise) et l'impression de périodiques à gros tirage abondamment illustrés (équipe allemande).

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Formes imprimantes
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Les formes imprimantes de l'héliogravure sont des cylindres en cuivre empruntés à l'industrie textile, qui les utilisait pour produire des cotonnades portant des sujets rustiques gravés à la main. Ces cylindres tournaient dans des bacs emplis d'encre, qui s'insérait dans leurs creux et dont une racle enlevait l'excès. Le tissu, mis en contact intime avec lesdits creux par un rouleau presseur, pompait le système coloré constamment renouvelé. Le problème que les inventeurs de l'héliogravure ont eu à résoudre a été de remplacer la gravure manuelle - extrêmement lente et ne reproduisant que des sujets au trait - par une gravure photomécanique rapide capable de reproduire les sujets à tons continus. Ils y sont parvenus en adoptant les méthodes de la photographie et de la photogravure. D'autres inventeurs, travaillant une cinquantaine d'années plus tard, ont choisi une autre voie et ont créé des dispositifs graveurs électro-mécaniques - de type analogique à l'origine, de type numérique dans la suite -, qui se partagent le marché avec les matériels photomécaniques.

Les méthodes de la photographie et de la photogravure mettent en oeuvre, comme en typographie et en offset, une trame quadrillée et un colloïde photosensible. La trame quadrillée n'est pas la même que dans les deux autres procédés (elle est faite de carrés noirs délimités par de fines lignes transparentes) et n'est pas utilisée au niveau de la photographie, mais à celui de la photogravure. De son côté, le colloïde photosensible, qui est la gélatine, est employé d'une manière particulière. Il contient une proportion appréciable d'une poudre opaque finement divisée - généralement un oxyde de fer - et est étalé en couche relativement épaisse sur un support en papier. L'ensemble porte le nom de papier-charbon. La technique proposée par les inventeurs - et appliquée par beaucoup d'entreprises jusqu'aux années 1970 - comprenait plusieurs étapes. Elle commençait par la sensibilisation du papier-charbon, qui était immergé dans une solution aqueuse de bichromate. Elle se poursuivait par une double insolation dudit papier-charbon. La première insolation était opérée sous la trame, dont les fines lignes transparentes, laissant librement passer les rayons lumineux, créaient dans l'épaisseur de la gélatine un réseau de traits durcis à coeur. La deuxième insolation avait lieu sous un montage-imposition positif dans lequel les sujets à tons continus n'étaient pas tramés, autrement dit conservaient leurs valeurs de gris. Elle intéressait le colloïde situé sous les carrés noirs de la trame et donc non touché pendant la première insolation. Elle laissait intact ledit colloïde sous le noir des textes et des sujets au trait, mais le durcissait à une profondeur variable sous les gris des sujets à tons continus, qui modulaient l'intensité des rayons lumineux, dont la pénétration était freinée par la présence de la poudre opaque. La troisième étape était marquée par le transfert du papier-charbon sur le cylindre, son côté gélatine mis au contact du métal, et l'élimination subséquente du support en papier, puis des portions du colloïde restées solubles. Elle laissait sur le cuivre un revêtement de gélatine durcie de hauteur inégale, grande dans les régions correspondant aux lignes claires de la trame, moyenne dans les régions correspondant aux gris des sujets à tons continus, nulle ou quasi nulle dans les régions correspondant au noir des textes et des sujets au trait. L'étape suivante était la gravure. Elle était accomplie au moyen de solutions acides diversement concentrées. L'argent agressif était arrêté par les reliefs les plus élevés, sous lesquels le métal gardait son niveau. Il diffusait plus ou moins vite à travers les reliefs moyens ou faibles et attaquait le cuivre à une profondeur dépendant de l'épaisseur à traverser. L'opération donnait naissance à un réseau de minuscules cellules creuses ayant une superficie identique, mais une profondeur variable (de quelques microns dans les tons clairs, de quelques dizaines de microns dans les tons foncés), qui étaient présentes aussi bien dans les textes et les sujets au trait que dans les sujets à tons continus. La dernière étape était l'élimination, au moyen d'un agent alcalin, du mince revêtement de colloïde durci subsistant sur le métal. Elle donnait des cylindres prêts à être montés sur les presses.

La diffusion de l'acide à travers la gélatine durcie n'est pas un phénomène aisément contrôlable. C'est pourquoi diverses méthodes ont été inventées dès avant la guerre pour moduler les gris des sujets à tons continus autrement que par la profondeur variable des cellules. Toutes font appel à des montages-impositions dans lesquels les sujets à tons continus sont tramés. Elles conservent le papier-charbon, la double insolation et la gravure à l'acide à travers le colloïde durci, avec la différence que cette gravure est effectuée par immersion en un seul bain. Elles diffèrent les unes des autres par la façon dont les deux tramages sont amenés à interférer. Elles ont donné naissance à l'héliogravure à trame variable, qui a supplanté l'héliogravure traditionnelle là où l'héliogravure électromécanique, souvent appelé électronique, n'a pas été adoptée.

La gravure électromécanique est née après la Seconde Guerre mondiale chez un constructeur de scanners de sélection, dont elle exploite le principe. Les montages-impositions, fixés sur un tambour rotatif horizontal, sont analysés ligne après ligne par un mince rayon lumineux. La portion non absorbée de ce rayon est recueillie sur une cellule photoélectrique, qui la convertit en un courant continu d'intensité variable. Dans les premiers modèles, qui étaient du type analogique, ce courant - amplifié et traité - actionnait un stylet-graveur, qui attaquait le métal du cylindre tournant en étroit synchronisme avec le tambour d'analyse. L'opération créait une multitude de cellules creuses d'autant plus profondes et plus larges que le courant était intense, donc que le point correspondant sur le montage-imposition était plus sombre. Les modèles récents sont numériques. Ils découpent le courant continu en petites unités arbitraires, à chacune desquelles est attribué un nombre exprimant son intensité. Ces nombres, rangés en bitmaps, contrôlent le mouvement du stylet-graveur. Étant donné les dimensions des rotatives modernes, dont la laize (ou largeur de la bobine) est souvent plus proche de 3 mètres que de un, plusieurs têtes de lecture, disposées côte à côte, explorent le même montage-imposition, tandis que plusieurs têtes de gravure, également disposées côte à côte, traitent simultanément le même cylindre imprimant.

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Rotatives à feuilles et à bobines
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Les presses de l'héliogravure ont l'avantage d'une grande simplicité mécanique, leurs groupes imprimants ne comprenant qu'une racle et un rouleau presseur en plus du cylindre gravé (fig. 15). L'encrage est le plus court qui soit, puisqu'il se réduit à un dispositif projetant une encre liquide et à un bac, équipé d'une pompe, pour recueillir l'excès. Les premières machines apparues au début du XXe siècle étaient exclusivement à bobines, et n'imprimaient qu'une couleur à la fois. Elles se sont différenciées au cours des années en fonction des besoins.

Les premières impressions héliographiques se sont inscrites dans la grande tradition de la gravure manuelle, qui était la production d'illustrations - et rien que d'illustrations - destinées à être vendues isolément comme estampes ou insérées en hors-texte dans des livres tirés en typographie. Contrairement à la gravure manuelle, ces illustrations pouvaient être - et étaient généralement - des reproductions de photographies - de monuments, de sites, de personnes - et elles étaient produites vite et bien par milliers d'exemplaires. Le succès des travaux de ce type, qui mettaient à la portée de tous un vaste domaine iconographique constamment renouvelé, a incité les constructeurs à concevoir des machines à feuilles, mieux adaptées au but poursuivi que les premières rotatives à bobines, car possédant un cylindre presseur de grand diamètre revêtu d'un blanchet en caoutchouc, donc capable d'accepter entre cuir et chair des surépaisseurs locales assurant une certaine mise en train. Les travaux polychromes étaient exécutés, quand ils existaient, sur une même presse à une couleur, dont on changeait l'encre, plus tardivement sur des presses comportant plusieurs groupes rangés en ligne.

L'impression héliographique à feuilles est restée sans rivale dans l'exécution des travaux artistiques en noir et blanc - dont elle rendait les gris avec une puissance et une délicatesse inégalées - jusqu'au moment où l'impression offset a fait de tels progrès que ses résultats n'ont plus pu être distingués de ceux qui étaient obtenus par le procédé en creux. Ce moment s'est situé dans les années 1970, alors que les sujets en noir et blanc étaient en train de céder la place aux sujets en couleurs représentés par des films positifs du type Ektachrome. C'est pourquoi l'héliogravure, dont les formes imprimantes ont toujours été préparées à un coût élevé, a été progressivement abandonnée au profit de l'offset, qui est devenu le procédé universel capable de tout faire.

Pendant que les machines à feuilles assumaient la production des travaux artistiques à tirages relativement modestes, les rotatives à bobines ont emprunté la voie des gros tirages - au moins deux cent mille exemplaires -, où elles ont connu une expansion considérable. Dans le courant des années 1930 ont en effet commencé à paraître en Europe des hebdomadaires abondamment illustrés en noir et blanc - souvent des suppléments de quotidiens - reproduisant, en même temps que quelques textes appropriés, des documents photographiques que les agences fournissaient en quantités croissantes et que les journaux ordinaires ne pouvaient pas absorber. Ces hebdomadaires étaient imprimés en héliogravure sur des presses étroites (ordre de grandeur : 1 mètre) et lentes (ordre de grandeur : de 2 000 à 3 000 tours par heure), faites d'un dérouleur, de deux groupes imprimants - un pour le recto, un pour le verso - et d'une plieuse. Ces machines ont rapidement reçu un groupe supplémentaire déposant une couleur d'accompagnement sur un côté du papier, puis deux groupes supplémentaires, tandis que leur laize s'élargissait et que leur vitesse augmentait.

La grande expansion des rotatives à bobines date des années 1960, quand les vues photographiques polychromes sont devenues banales. L'héliogravure était en effet mieux à même que l'offset - grâce à la simplicité mécanique de ses presses et à leur encrage ignorant la présence d'eau sur les formes imprimantes - d'appliquer des couleurs relativement vives sur des papiers bon marché, dont le prototype est le journal amélioré, support courant des périodiques à gros tirages. Pour répondre à l'ampleur des demandes, les presses ont élargi leur laize jusqu'à atteindre près de 3 mètres, ont doublé ou triplé la circonférence de leurs cylindres gravés et ont multiplié leur vitesse par un facteur supérieur à cinq. Elles ont reçu dans une première étape cinq groupes, qui leur permettaient d'imprimer des quadrichromies sur un côté de la bande et du noir sur l'autre, dans une seconde étape huit groupes, qui leur donnent la possibilité d'appliquer quatre couleurs sur les deux côtés. Elles délivrent des cahiers de seize, vingt-quatre ou trente-deux pages, qui sont produits - selon la laize et le développement des cylindres - à raison de un, deux, quatre ou six au tour. La plupart des rotatives modernes sont construites sur commande pour répondre à des besoins précis. Elles ont un nombre variable de groupes, de dérouleurs et de plieuses.

D'autres rotatives héliographiques à bobines, comportant une laize relativement modeste (voisine de 1 mètre) et comprenant plusieurs groupes, sont utilisées dans l'industrie de l'emballage, où elles impriment soit du carton - elles sont alors équipées de sorties à plat débitant des feuilles rangées en piles -, soit des pellicules plastiques - elles sont souvent dans ce cas munies d'un système de rembobinage.

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