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Comportements et valeurs chères aux Roumains
Le premier caractère marquant de la culture roumaine est sa diversité, tant ethnique que religieuse. La culture roumaine dérive fortement de la culture romaine avec des traces d'influence slaves, turques, hongroises, grecques, autrichiennes et françaises. La Roumanie est en effet un carrefour culturel à la croisée des influences occidentales, méditerranéennes et orthodoxes. Comme tout le monde balkanique, la Roumanie a connu l'influence religieuse et artistique de Byzance et le joug ottoman, mais contrairement à ses voisins, elle est d'origine latine. Mircea Eliade voit dans cette équation spirituelle originale la chance des Roumains de servir de liaison entre l'Occident et l'Orient.
La solidarité est forte entre les Roumains. Selon les travaux de S. Chelcea en 2001, la population adulte roumaine favorise la justice sociale socialiste deux fois plus que la population des États capitalistes avancés et 1,5 fois plus que la population des pays d'Europe centrale et orientale. Même lorsqu'ils sont eux-mêmes sans le sou, les Roumains n'hésitent pas à offrir un gite sous leur toît aux plus démunis en échange de menus travaux. Ceci rejoint d'autres caractéristiquement des Roumains que sont la chaleur humaine, l'hospitalité et l'ouverture.
Le statut de la femme en Roumanie est peu avantageux, surtout dans les campagnes. La Roumanie possède le plus faible nombre de députés femmes (7 %) de tous les pays d'Europe centrale et orientale. Dans la vie quotidienne comme en entreprise, les femmes roumaines sont courtisées de manière excessive. Le régime communiste avait imposé un modèle familial où l'homme était le chef de famille et la femme restait au foyer. Les individus sans enfants devaient payer des impôts supplémentaires et la contraception et l'avortement étaient interdits. Ce modèle familial a commencé à se désagréger dans les années 1990. On assiste désormais à la montée des familles monoparentales, à l'accroissement des divorces et à la baisse du nombre de mariages, mais dans une proportion inférieure à la moyenne des pays européens.
La fierté des Roumains
Les Roumains sont fiers de leur histoire et de leur culture. Cette fierté débouche chez une partie de la population sur un nationalisme inquiétant et parfois sur le développement des thèses racistes et extrémistes. Les Roms font notamment l'objet d'une discrimination dans la société roumaine, mais il s'agit d'un sujet délicat, qu'il est préférable de ne pas aborder avec les Roumains. Les Roumains sont sensibles à l'image qu'ils donnent au monde extérieur. A ce titre, l'assimilation régulière des Roumains aux Roms dans les médias français les choque profondément.
En février 2002, la télévision française avait représenté lors du match de football France- Roumanie le camp roumain par un violoniste tsigane. Fin avril 2002, la chaîne mondiale TV5 avait consacré vingt-quatre heures en direct à Bucarest. Attendant l'événement avec un grand enthousiasme, les Roumains ont été aterrés de voir que l'émission animée par Frédéric Mitterrand ne faisait que reprendre les clichés négatifs circulant sur le pays. De nouveau pendant l'été 2002, la presse française n'a cessé d'offrir des reportages sur les mendiants roumains, sans préciser qu'il s'agissait de Roms. Le plus grand choc est venu de la sortie de l'édition 2003 du dictionnaire "Le Petit Robert".
La Roumanie y est représentée par une image d'un campement misérable de Roms où s'ébattent des enfants dépenaillés devant une vieille femme qui tire les cartes. Stéréotypes et communication avec les Roumains Les occidentaux sont bien accueillis en Roumanie, bien que les Roumains éprouvent un certain ressentiment à l'égard d'un Occident donneur de leçons et une déception vis-à-vis du capitalisme. La France est un allié apprécié de la Roumanie, avec qui elle entretient des relations anciennes. La francophonie est présente en Roumanie à travers un réseau étendu de lycées bilingues, centres culturels et alliances françaises et les jumelages institutionnels (communes, administrations...) sont nombreux entre les deux pays.
Les Etats-Unis jouissent d'une popularité supérieure à celle de la France, tant au niveau de la qualité des produits américains que pour l'efficacité de leur management ou leur fiabilité dans les affaires. L'invitation à rejoindre l'OTAN décidée lors du sommet de Prague de la fin 2002 a suscité l'enthousiasme populaire. Bucarest a pendant longtemps fêté cet événement en exhibant des drapeaux américains pour célébrer l'adhésion à l'Alliance atlantique, garantie de l'ancrage de la Roumanie dans l'espace occidental. Le président américain George W. Bush a même été fait en novembre 2002 Grand Croix de l'Etoile de Roumanie, la plus haute distinction de l'Etat, par le Président roumain Ion Iliescu, qui l'a qualifié de "grand et constant ami" du pays.
Socialiser avec des Roumains
Les Roumains sont chaleureux et ouverts. Ils discutent facilement avec des inconnus, même lorsqu'ils ne parlent pas la même langue. La poignée de main, en évitant de se regarder de manière insistante dans les yeux, est de rigueur lors de la première rencontre, pour les hommes comme pour les femmes.
Le baise-main est encore pratiqué, surtout dans les campagnes. La politesse est valorisée par les Roumains, mais surtout par les anciennes générations. Amener un cadeau, lorsque l'on est invité, est apprécié. Les fleurs, en nombre impair, sont offertes à de nombreuses occasions : fête des Saints, mariages, visites d'amis... L'éventail des cadeaux possibles est plus large que dans les pays occidentaux : chocolats (seulement pour les femmes), bouteille de vin ou liqueur, cosmétiques, parfums, vêtements... Chez les paysans, il est préférable de s'abstenir de fumer. Les hôtes mangent rarement à la table de l'invité. Il n'est pas mal vu de ne pas finir son assiette ou son verre. Dans le cas contraire, l'invité est resservi, même s'il ne le souhaite pas. En effet, dire non lorsque l'on nous offre quelque chose est perçu comme une forme polie de dire oui. Fêtes et folklores L'importance des folklores et de la fête
Les Roumains accordent de l'importance au folklore et aux festivals, mais cet intérêt tend à diminuer. La plupart des festivals sont associés aux grandes fêtes de l'Eglise orthodoxe et sont célébrés à l'échelle nationale. Parmi les festivals folkloriques roumains figurent la Fête des Demoiselles, sur le mont Gaina, les festivals de fleurs de Mehedinti et de Severin. Des petites communautés, tels que les Oasheni, qui sont des Chrétiens vivant dans les montagnes de l'ouest du pays et qui se considèrent comme les gardiens des traditions des ancêtres, possèdent également leurs festivals régionaux.
Pâques est avec Noël la fête familiale orthodoxe la plus importante. Les Roumains fêtent également le Jour de l'An et la fête de la Roumanie (1er décembre), qui commémore le rattachement de la Transylvanie à la Roumanie en 1918. Le calendrier roumain possède peu de jours fériés. Traditionnellement, les Roumains célèbrent Baba Dochia (la Vieille Dochia) le 1er mars et Saint Gheorghe le 23 Avril. La musique et les danses traditionnelles Les danses roumaines sont multiples et chacune d'entre elles répond à un événement particulier : traditions rituelles, fêtes chrétiennes, cérémonies de mariage...
Les danses folkloriques s'accompagnent de la muzica populara (musique folklorique) des campagnes, jouée avec un tempo rapide. Les gens se tiennent bras dessus, bras dessous et exécutent des pas de danse compliqués. La Roumanie est traditionnellement le pays européen des musiciens de villages, mais cette tradition est en voie de disparition. Remontant à plus de six siècles, les tarafs sont des ensembles uniques composés d'un d'un violoniste soliste (les fameux lautaris) et d'un accordéon, qui s'est substitué avec le temps au naï (flûte turque) et à la cobza (luth à manche court).
Les principaux plats roumains
Parmi les plats typiquement roumains figurent : * Les ciorba, soupes préparées à partir de son fermenté, de bacon, de pommes de terre et de boeuf ou de poulet ; * La mamaliga, sorte de polenta italienne (bouillie) à base de farine de maïs, mangée essentiellement à la campagne avec un fromage blanc de lait de vache ou de brebis ou un autre accompagnement. Les familles entreposent du maïs pour l'année et en moulent à l'occasion pour préparer de la mamaliga. * Le sarmalé, plat épicé de feuilles de vigne, de betterave, ou de choux, farcies de riz, de viande, de champignons, d'herbes et de légumes ; * Les mititei, petites saucisses grillées aromatisées aux herbes ; * Le saramura, plat de poisson préparé dans le delta du Danube ; * Le cotlet, plat de porc servi avec des pommes de terre ; * Le slalina, un type de bacon ; * La salade de macédoine, sans verdure ; * Les rouleaux de chou farcis de Transylvanie, mélange épicé de riz non cuit, de boeuf haché, de porc et d'oeufs, de chou, de jus de choucroute, de crême et de sauce tomate ; * La zacusca, assortiments de légumes servis en apéritifs, sorte de purée de poivrons doux, de tomates, d'oignons et de champignons hachés menus et conservés dans l'huile, le vinaigre ou la saumure ; * Le cozonac, servi les jours de fête et qui est un gâteau brioché aux raisins de Corinthe, aux loukoums, aux noix ou au pavot. Les boissons prisées par les Roumains Les Roumains aiment le thé (prononcé chai) et le bon vin. Avant la collectivisation de la vigne, la Roumanie était un pays de grands vins rouges et blancs. Le métier de vigneron a ensuite disparu et les productions des vignobles roumains sont aujourd'hui souvent "chimiques" et de qualité inégale. Les meilleurs vins sont les Murfatlar (entre blanc et rouge), Tarnaveni (blanc sec), Dealu Mare (rouge), Cotnari (blanc doux) et Odobesti (rouge). Blonde, plutôt légère, la bière roumaine est bonne, notamment à la pression.
La consommation de l'eau du robinet peut se faire sans précaution particulière. Son goût et son aspect sont relativement satisfaisants et sa distribution est assurée de façon régulière. Il est cependant préférable de boire de l'eau minérale, la Roumanie étant un pays riche en sources. Héritage des cinq siècles d'occupation ottomane, le café se boit à la turque. En apéritif, on sert souvent du tsuica, un genre de cognac de prune à 36°, souvent fabriqué artisanalement à à base de mélanges de prune, pomme, poire, raisin et même betterave et qu'il convient de boire cul sec, accompagné d'un "Noroc !" (Bonne chance !). Parfois, les Roumains boivent le vin blanc ordinaire coupé d'eau gazeuse glacée. Les alcools sont régionaux : vodca en Moldavie, schnaps autour de Sibiu, palinca (sorte de tuica, plus forte aux goûts multiples) en Transylvanie, horinca en Maramures, afinata (liqueur artisanale de myrtille) dans les montagnes.
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