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Un environnement institutionnel roumain en recomposition après 1989 

 

 

 Le système politique roumain comporte des ressemblances avec le système politique français. Cependant, il se rapproche davantage d'un système parlementaire que d'un système semi-présidentiel, du fait des attributs limités de la fonction présidentielle. La Constitution de la Roumanie a été adoptée par l'Assemblée constituante le 21 décembre 1991, puis modifiée ultérieurement en vue d'être conforme aux exigences de l'Union européenne. Le Chef de l'état est élu au suffrage universel pour une durée de quatre ans. Il nomme le Premier Ministre. Le Parlement est composé de deux assemblées :   

 

  * La Chambre des députés, qui comporte trois cent quarante-six membres élus pour quatre ans dont trois cent vingt-sept membres à la représentation proportionnelle et dix-neuf membres représentant les minorités ethniques  ;    

 

* Le Sénat et ses cent quarante-trois membres, élus pour quatre ans à la représentation proportionnelle.  Dans la pratique, les institutions fonctionnent mal et les hommes politiques sont largement discrédités. Il n'existe pas de statut de la fonction publique, le niveau des rémunérations est bas et la politisation de certains échelons de l'Administration favorise la corruption. La police est présente mais elle ne fait pas toujours appliquer les lois. Soudoyer des officiels est habituel en Roumanie : la loi du plus riche prime de façon courante. Seules l'église et l'armée bénéficient de la confiance de la population.   

 

 La politique économique des dix dernières années en Roumanie    A la chute en décembre 1989 de la « dictature personnelle » de Ceausescu succède une crise économique caractérisée par une baisse du pouvoir d'achat de 40 % entre 1990 et 1993 et par le gonflement de la dette extérieure à un montant d'environ 2,4 milliards d'euros. L'économie roumaine a doublement été pénalisée par le lourd héritage des choix économiques du régime de Ceaucescu _autarcie et remboursement de l'endettement externe _ et par le manque d'expérience et les mauvais choix des responsables politiques quant à la gouvernance en économie de marché.

 

 En 1992, le gouvernement choisit un programme de libéralisation en quatre ans, marqué par une évolution "à petits pas" vers l'économie de marché, avec notamment l'accélération de la privatisation et des restitutions et l'ouverture aux investissements étrangers. Certaines subventions sont supprimées, les taux d'intérêt rendus libres et les taux de change flexibles. La croissance est atteinte dès la fin de 1993 et l'inflation diminue, mais la baisse du niveau de vie provoque des mouvements sociaux. Le gouvernement poursuit ses mesures de libéralisation avec l'aide du FMI en 1994, en mettant notamment en liquidation des entreprises non rentables, mais les résultats se détériorent dès l'année suivante.

 

 En 1996, le gouvernement d'Emil Constantinescu met en place un programme de stabilisation économique, sous l'impulsion du FMI. La libéralisation des prix et des changes, la politique monétaire rigoureuse et les réductions des subventions ont pour conséquence d'exacerber le malaise social et politique régnant dans le pays. En définitive, les réformes structurelles ne furent pas engagées, l'inflation resta élevée et les finances publiques se dégradèrent.  

 

Depuis la fin des années 1990 et le retour au pouvoir du Président Iliescu, la Roumanie est passée du statut d'un pays à risque à celui d'une économie émergente. Après trois années de sévère récession, le pays renoue avec une croissance moyenne de plus de 4 %. Le Gouvernement s'est engagé à améliorer l'environnement macroéconomique des affaires, favoriser les investissements étrangers, assainir les finances publiques, réduire l'inflation, poursuivre la restructuration du secteur bancaire et les réformes structurelles.

 

La semaine de travail a été ramenée de de quarante-huit à quarante heures, afin de pallier le problème du chômage.   La modernisation des infrastructures et du service public    Le gouvernement roumain offre un système d'assurance sociale non étendu à toutes les catégories de population, qui comprend les soins médicaux, les allocations familiales et des pensions de retraite (environ soixante euros par mois). Du fait du manque de formation du personnel et de l'insuffisance des moyens financiers, les soins médicaux ne sont pas toujours garantis dans les hôpitaux, orphelinats et instituts de maternité.

 

 Le programme SAPARD, financement de l'Union Européenne en faveur de l'agriculture et du développement rural, alloue plus de 150 millions d'euros par an à la Roumanie, auquel s'ajoute une contribution du gouvernement roumain de 25 %. L'objectif est d'investir dans le développement et l'amélioration des infrastructures rurales en insistant sur les routes, l'apport d'eau potable et le dégagement des eaux usées.

 

 

Cependant, les services publics ne respectent pas encore les normes d'environnement. Ainsi l'eau est-elle gratuite car les canalisations sont trouées.  Au début des années 1990, la Roumanie ne comptait que 2,5 millions de possesseurs de téléphones. L'infrastructure reste particulièrement déficiente en zone rurale avec plusieurs centaines de villages sans service téléphonique, mais le taux d'équipement a plus que doublé et les services de téléphone mobile ont rattrapé le niveau d'équipement en téléphonie fixe.

 

La Roumanie a fait de nombreux progrès en terme d'infrastructures et de normes dans la perspective de son adhésion à l'Union européenne. Le pays a-t-il ainsi développé ses infrastructures de transport routier, notamment ses réseaux transeuropéens, adaptés à un trafic intense. La Société nationale des chemins de fer a été scindée en cinq sociétés distinctes en 1999 et la restructuration du système ferroviaire se poursuit. Le secteur maritime et le secteur du transport routier de marchandises posent des problèmes de sécurité. Les infrastructures de transport sont délabrées, notamment car l'asphalte bon marché qui sert pour les constructions s 'effrite rapidement.

 

Les télécommunications sont archaïques, surtout en campagne où les liaisons téléphoniques sont encore manuelles. Les liaisons postales sont convenables pour l'Europe de l'Est, mais lentes. Les délais d'acheminement du courrier varient entre deux et sept jours à l'intérieur du pays et jusqu'à deux semaines avec l'étranger.   Les dernières élections législatives et présidentielles en Roumanie  Sans surprise, les élections législatives et présidentielles des 26 novembre et 10 décembre 2000 ont vu la victoire du Parti pour la démocratie sociale de Roumanie (PDSR) et de son dirigeant, M. Ion Iliescu, qui a été réélu président de la Roumanie. Son dauphin a été le leader de l'extrême droite, le quinquagénaire Corneliu Vadim Tudor.  

 

 

 Les élections municipales roumaines de juin 2004 ont remis en cause la suprématie des sociaux-démocrates du PSD. Le PSD arrive en tête en termes de mandats (43,5 %), mais le score des partis de centre-droit (l'Alliance DA pour la Justice et la Vérité, les Nationaux libéraux du PNL et les démocrates du PD) est similaire et même dans supérieur dans les villes grandes et moyennes.  Aux élections présidentielles, le candidat de l'opposition Trajan Bacescu a causé une surprise en battant le Premier Ministre social-démocrate Adrian Nastase. Les élections parlementaires de décembre 2004 ont été gagnées par l'alliance formée par le Parti Social Démocrate (PSD) et par le Parti Humaniste Roumain (PUR) avec 37,13 % des voix, contre 31,77 % pour l'Alliance « Justice et Vérité », formée par le Parti Démocrate (PD) et le Parti National Libéral (PNL) et représentant l'opposition. Les élections présidentielles ont quant à elle été remportées, au deuxième tour de scrutin, par M.    Traian BASESCU , de l'Alliance « Justice et Vérité ».

 

 

 

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